KAT ONOMA Comme son nom l'indique...

Strasbourg 1986

Kat Onoma
Kat Onoma, un groupe vraiment à part...

Groupe strasbourgeois fondé en 1986 autour de son charismatique leader Rodolphe Burger, Kat Onoma suit son bonhomme de chemin depuis plus de quinze ans, sans n'avoir jamais appartenu à un quelconque mouvement musical ou culturel. Indépendance (voire solitude) semble caractériser au mieux ces artistes dont la musique oscille sans cesse entre Velvet Underground et musique expérimentale. Souvent admiré, parfois encensé mais rarement compris, la bande à Burger n'a besoin de personne pour poursuivre l'expérience entamée au milieu des années 80, en groupe ou en solo. Kat Onoma, "comme son nom l'indique",ou la musique faite étrangeté....

Strasbourg 1980....

Autour de Rodolphe Burger et de Pascal Benoît, amis d'enfance, l'année 1980 voit apparaître dans l'hexagone un groupe d'une rare originalité, aux influences aussi variées que celles des Velvet Underground de Lou Reed ou du Jazz et de la musique expérimentale. Guy Bickel, Philippe Poirier et Pierre Keyline forment avec les deux leaders La Dernière Bande. Cette ébauche de Kat Onoma fait ses armes musicales pendant des années, sans enregistrer le moindre disque, mais en acquérant une certaine renommée dans les boîtes et sur les scènes des festivals régionaux et nationaux. Parallèlement à cette aventure, Poirier exerce son talent de compositeur au sein d'autres groupes plus expérimentaux ou jazz : Musik Aufhebung et Œuvre Complète. Au même titre que Rodolphe Burger qui se lancera avec succès dans une carrière solo, la liberté est un facteur émancipateur de La Dernière Bande/Kat Onoma. Chaque membre s'enrichit de ses nombreuses expériences et apporte sa touche personnelle à l'œuvre commune des cinq strasbourgeois : un heureux mélange de rock, de new wave, de chanson française, sur fond de jazz et de percussions synthétiques. Le son Kat Onoma naît de cette diversité.

Kat Onoma

La Dernière Bande devient en 1986 Kat Onoma, et sous l'impulsion de cette nouvelle identité, les musiciens enregistrent un mini album de quatre titres intitulé Beggar's Law. Commence alors une longue course contre les maisons de disques. Hors des sentiers battus du métier, K.O. se refuse de céder à toute compromission. Leur indépendance coûte cher : il faut trouver des producteurs libres et parfois autofinancer ses disques, comme c'est le cas pour Cupid en 1988, leur véritable premier album. Pourtant le succès n'est pas négligeable. Les critiques s'enflamment rapidement pour les strasbourgeois chez qui ils pressentent un soupçon de nouveauté et de grandeur poétique. Les textes de leur chanson sont profonds (certains sont écrits par l'écrivain Thomas Lago), leur musique a un arrière-goût de Velvet. Les Kat Onoma sont décidément très différents de ce que peut produire le show business des années 80. Certains ne s'y trompent pas, tels Françoise Hardy ou un public de plus en plus nombreux et fidèle. Ainsi les concerts du groupe rassemblent de plus en plus de fans, et les dates se font européennes (France, Suède, Belgique, Suisse, Norvège, Grèce,…).


Les cinq Kat Onoma, inséparables...

Un succès confidentiel

Malgré tout, la médiatisation des K.O. restera volontairement toute relative. Il n'est pas question pour Burger et ses acolytes de tomber dans le panneau médiatique de la chanson. Et c'est tout à leur honneur, car la production des cinq amis est régulière, et la qualité du son Kat Onoma progresse sensiblement. Stock Phrases en 1990, puis Billy the Kid en 1992, fortement influencé par le poète américain Jack Spicer, chantre de la " beat generation ", à la manière d'un Kerouac ou d'un Burroughs, sont des œuvres riches et intelligentes. Même si ce n'est pas le but recherché, le groupe commence à faire parler de lui et ses apparitions au Printemps de Bourges ou aux Francofolies de La Rochelles ne laissent pas indifférent. De même, les expériences solo de Burger et de Poirier attirent l'attention. Les deux musiciens sortent la même année, en 1993, deux albums Cheval Mouvement et Les Echardes, prolongements naturels de l'expérience musicale entamée au sein de Kat Onoma.

Millénaire

Avec Far from the pictures, album sorti en 1995, la bande à Burger sort relativement de l'anonymat, notamment grâce au titre La chambre, dont le clip est largement diffusé sur les chaînes spécialisées. S'en suit une sollicitation inhabituelle de la part des médias et d'un public nouveau. La presse, les radios et les télés, mais aussi les autres membres de la profession, font une place large aux strasbourgeois. De Françoise Hardy (fan des débuts) à Bashung ou François Breut, Rodolphe Burger partage son talent. L'Olympia l'accueille aussi en cette année faste. Après avoir reçu le Bus d'Acier 96 (récompensant le meilleur groupe rock de l'année), le groupe peut enfin envisager l'avenir avec plus de sérénité financière et matérielle. Sans se précipiter, et en accordant le temps nécessaire aux carrières de chaque membre (Meteor show, album de Burger, sorti en 1998 est un grand succès), le nouvel album du groupe ne sortira qu'en 2001. Sobrement intitulé Kat Onoma, il est, selon les dires de son leader, un retour aux sources.

Désormais reconnu par le public et la profession, Kat Onoma ne cède cependant pas à la médiatisation outrancière. Fidèle à leur musique hors normes, entre rock poétique et jazz expérimental, les cinq strasbourgeois prennent soin de ne jamais faire fausse route. En groupe ou en solo, comme le prouve la carrière étonnante de Burger, les membres de Kat Onoma sont aujourd'hui un des groupes les plus novateurs de la scène rock française. Après quinze ans d'existence, un bain de jouvence, d'indépendance et d'intelligence les maintient toujours au pus haut niveau.

Copyright Petit dictionnaire... mai 2002
http://perso.wanadoo.fr/chanson_francaise